Je connaissais David Hury pour ses deux polars se déroulant au Liban, « Beyrouth Forever » et « Beyrouth Paradise ».
C’est en allant le saluer au Festival Epoque de Caen que j’ai découvert son livre « Sans nouvelles depuis Drancy » sorti en 2024 chez Riveneuve.
L’auteur y raconte l’histoire de sa famille paternelle. Le livre commence en 1945, après la fin de la guerre : Andrée, la grand-mère de David Hury, se rend quasiment tous les jours au Lutetia où arrivent les rescapés des camps de concentration et d’extermination. Chaque jour, elle espère retrouver son mari Maurice dont elle sait qu’il a été déporté à Auschwitz mais dont elle n’a plus de nouvelles depuis Drancy.
Puis l’histoire remonte plusieurs années auparavant, lorsque la famille Hury, Maurice, qui est juif et dont les ancêtres sont français depuis la Révolution, Andrée et leurs deux enfants, Josette et Jean, quittent la région parisienne pour un village normand dont Andrée est originaire. Dans les environs vivent d’ailleurs son père, sa demi-sœur et la famille de celle-ci. Les parents de Maurice, Lucien et Marguerite, et sa sœur Madeleine les rejoignent également.
La ruralité normande ne sera malheureusement pas un refuge … Maurice, ses parents et sa sœur vont être arrêtés et envoyés à Drancy, puis quelques temps plus tard, Josette et Jean (le père de David Hury)
L’ouvrage relate la douleur mais aussi l’opiniâtreté d’Andrée qui fait son possible pour avoir des nouvelles de sa famille, pour libérer ses enfants …une femme forte, courageuse, qui ne perd pas espoir. Car amplifiés par la guerre, et le nazisme, il y a aussi les petites lâchetés, les grandes trahisons, les secrets de famille, et le livre de David Hury le montre bien : dans ce petit village, qui a aidé, qui a dénoncé ? Et parfois, tout n’est ni blanc ni noir et les apparences peuvent être trompeuses.
Et au-delà de l’horreur de la Shoah, le livre de David Hury rend hommage à celles et ceux qui n’ont jamais su, comment, où, quand leurs proches sont morts – et même s’ils sont vraiment morts… et si l’on dit que l’espoir fait vivre, comment faire son deuil dans ces conditions ?
Publié en 2024 chez Riveneuve, 348 pages.



