La Rage – Zygmunt Miloszewski

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Zygmunt Miloszewski est un auteur polonais que j’ai découvert lorsque j’étais jurée du Prix ELLE en 2014. J’avais beaucoup apprécié « Les Impliqués », premier tome d’une série dont le personnage principale est le procureur Teodor Szacki, et aimé tout autant le deuxième volume, « Un Fond de Vérité ». C’est donc avec grand plaisir que j’ai retrouvé le procureur polonais pour un troisième tome, intitulé « La Rage », mais aussi avec deux regrets : même si Fleuve Noirs s’en sort bien, les magnifiques couvertures des éditions Mirobole m’ont manqué et j’ai eu la tristesse d’apprendre que ce troisième tome était aussi le dernier!

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Zygmunt Miloszewski

Zygmunt Miloszewski explorait dans le premier tome de sa série le passé communiste de la Pologne, puis dans le second volume l’histoire compliquée de la Pologne avec l’antisémitisme. Dans ce dernier volume, il aborde le thème de la violence faite aux femmes, avec deux affaires dans lesquelles le procureur est impliqué. Teodor, désormais divorcé depuis plusieurs années, exerce à Olsztyn, ville prussienne qui deviendra polonaise en 1945, la population germanophone étant expulsée et remplacée par des Polonais. Il partage sa vie avec Zenia, et a récupéré également la garde de sa fille Hela, aujourd’hui adolescente, ce qui crée des tensions entre belle-mère et belle-fille.

Une femme vient voir Teodor en lui expliquant qu’elle a peur de son mari. Lorsqu’elle lui explique qu’elle n’est pas victime de violence physique, il la congédie vite fait bien fait, sans l’écouter, sans creuser le sujet, sans lui indiquer d’adresse où elle pourrait obtenir de l’aide. Une faute qui aura de très lourdes conséquences. En parallèle, un squelette est découvert lors de travaux. On pense d’abord que c’est un squelette ancien, mais les analyses montrent que c’est au contraire un squelette récent, parfaitement nettoyé: à qui appartiennent ces os? qui a tué, et pourquoi? Une énigme complexe que doit résoudre Teodor…

« La Rage » est un pavé, mais je l’ai dévoré, engloutissant 550 pages en vingt-quatre heures, ce qui n’est pas rien! Comme dans les deux premiers tomes, Miloszewski fait mouche en mêlant histoire de la Pologne, analyse de la société polonaise, enquêtes policières et vie personnelle de Teodor.  Le procureur est un anti-héros : il n’est pas très progressiste, a du mal à communiquer – au niveau professionnel comme au niveau personnel- , fait des erreurs professionnelles, manque de discernement…pourtant il est difficile de ne pas s’attacher à lui. L’intrigue est véritablement passionnante, j’ai dévoré le livre à vitesse grand V tant j’avais hâte de découvrir le fin mot de l’histoire.

Pourtant, « La Rage » ne m’a pas autant plu que les deux premières volumes. J’ai vraiment été déçue par la fin : je l’ai trouvée peu crédible,téléphonée, tirée par les cheveux, nébuleuse…C’est dommage, j’aurais voulu finir cette trilogie sur une note positive, d’autant plus que ce livre était plus que prometteur, mais mon plaisir est retombé comme un soufflé. Je ne garderai pas un mauvais souvenir de ce roman, qui était haletant sur 500 pages – dommage que les 50 dernières n’aient pas été à la hauteur. Et quoi de plus important dans un roman policier que la fin?

J’ai donc un avis mitigé sur « La Rage » de Zygmunt Miloszewski : un roman passionnant, à l’atmosphère vraiment réussie mais qui n’a pas tenu ses promesses jusqu’au bout. Dommage que cette trilogie polonaise s’achève sur une fausse note, j’aurais bien aimé un quatrième volume pour ne pas en rester là.

Publié en Septembre 2016 chez Fleuve Noir, traduit par Kamil Barbarski, 552 pages.

28e lecture de la Rentrée Littéraire 2016

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21 commentaires sur “La Rage – Zygmunt Miloszewski

  1. Je viens juste de terminer les Impliqués qui m’a laissée assez mitigée. Mais comme le personnage de Teodor m’intrigue, je pense que j’achèterais Un fond de vérité. Et d’accord avec toi : je préfère les couvertures de Mirobole, j’adore l’univers graphique (Gretel in the dark en est un parfait exemple).

    1. Ces couvertures sont vraiment magnifiques! je les adore, tout comme les Actes Noirs
      Il faut d’ailleurs que je lise Gretel in the Dark, qui est dans ma LAL depuis des lustres…

  2. Si j’ai pu entendre ou lire quelques réticences à propos de ce roman, elles concernaient justement le dénouement inattendu et pas à la hauteur de l’ensemble de la trilogie dont « Un fond de vérité » reste mon préféré.

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