Shuggie Bain – Douglas Stuart

Difficile en cette rentrée littéraire de passer à côté de « Shuggie Bain », premier roman de Douglas Stuart qui a reçu le Booker Prize 2020, et qui rencontre un succès international, et c’est tant mieux car cette lecture a été un grand coup de cœur.

Agnès Bain est une femme élégante et sophistiquée qui détonne dans le quartier populaire de Glasgow où elle vit avec ses parents, ses deux enfants nés d’un premier mariage, son deuxième mari et le fils qu’elle a eu avec celui-ci, Shuggie. Lorsque son époux, un chauffeur de taxi coureur de jupons, lui fait miroiter une maison à la campagne avec un jardin, elle pense que son rêve se réalise enfin. Mais elle se retrouve abandonnée dans un lotissement miteux situé dans les faubourgs et perd pied, s’enfonçant jour après jour un peu plus dans l’alcool. Son fils et sa fille aînés fuient dès qu’ils le peuvent, mais Shuggie, son cadet au langage châtié et au comportement précieux, en décalage avec les enfants du voisinage qui le lui font bien payer, reste coûte que coûte à ses côtés…

Pour un premier roman, c’est un coup de maître. L’écriture de Douglas Stuart est très belle, très maîtrisée et l’auteur écossais, qui vit aujourd’hui aux Etats-Unis, a su créer des personnages incarnés et des scènes très réalistes. Ken Loach n’est jamais loin dans ce récit situé dans le milieu ouvrier écossais des années 80, mais il y a quelque chose d’universel qui en fait un grand roman : une histoire d’amour inconditionnel entre une mère et son fils. Et quelle mère! Cette femme que l’on regarde tomber durant près de cinq cents pages, sans personne pour lui tendre vraiment la main – ni ses grands enfants, ni ses parents, ni son fiancé (qui contribuera lui aussi à son malheur), ni ses pseudo-amies –  a quelque chose de lumineux, de classe, d’anti-conformiste qu’elle transmettra à Shuggie et qui l’aidera à tracer son chemin malgré les drames et les obstacles.

Une lecture dure, mais vraiment très belle, à découvrir absolument!

Publié en Août 2021 aux éditions Globe, traduit par Charles Bonnot, 496 pages.

6 commentaires sur “Shuggie Bain – Douglas Stuart

  1. te voilà heureuse ! j’ai lu pourtant des avis bien plus mitigés, sur GR ils en parlent beaucoup du coup il ne me tentait pas, de plus , ce n’est pas mon sujet de prédilection
    je vais le lire peut-être mais dans longtemps si je le croise à la BM

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